Vœux 2019 de Nicolas Lenssens, Directeur général de PARTAGE

Chères amies, Chers amis,

La fin de l’année 2018 a été marquée en France par des mouvements sociaux puissants qui ont notamment remis sur le devant de la scène, au-delà de l’exigence de justice sociale, le besoin d’une démocratie plus directe, plus représentative et plus juste.

La libre expression de ces demandes va de soi pour la plupart des français, comme pour la plupart des citoyens européens. Les opinions bouillonnent, se manifestent dans la rue ou dans les urnes et sont souvent accueillies avec une certaine bienveillance par les États et les gouvernements.

Or, au sein de certains pays où vous soutenez des actions à travers Partage, ces principes et ces droits considérés ici comme universels et acquis régressent ou s’érodent :
En Egypte où le droit d’expression est largement remis en cause, et où associations et ONG sont victimes de plus en plus d’attaques et de restrictions financières.
Au Brésil où le résultat des dernières élections a amené au pouvoir un gouvernement d’inspiration militaire, et dont les responsables ont déjà déclaré qu’ils mèneraient un combat acharné contre les associations à vocation sociale ou promotrices des droits de l’homme.
Aux Comores où le pouvoir en place est de plus en plus critiqué pour sa dérive autoritaire et l’étranglement de la vie démocratique et de l’opposition.
Au Cambodge et en Thaïlande où malgré un développement économique important, la vie démocratique se résume à la main mise d’un parti unique ou d’une junte militaire qui restreignent le droit d’expression populaire.
Au Burkina Faso où la montée en puissance rapide et dangereuse de groupes armés radicaux menace directement les écoles et à travers elles l’éducation des plus jeunes à leurs droits et leurs devoirs.

Ces exemples peuvent sembler lointains ou tristement coutumiers pour des pays qui sortent encore difficilement de la pauvreté, mais ils impactent nos partenaires et leur objectif de développement intégral des enfants. Chaque projet ou école qui ferme signifie la fin des opportunités pour les enfants de toute une localité. Chaque association dont les fonds sont restreints rime avec la fin d’une aide primordiale pour une communauté.

Ces retours en arrière limitent les libertés individuelles, et augmentent les injustices pour des milliers d’enfants pourtant impatients de conduire leurs nations vers le progrès. La mission de Partage est fondamentalement apolitique, mais cela ne doit pas nous empêcher de dénoncer la remise en question croissante par de nombreux acteurs des valeurs et principes qui ont permis à travers l’histoire l’émancipation des peuples et le développement de leurs droits.

Notre devoir est donc de rappeler notre soutien aux partenaires et aux bénéficiaires de Partage affectés par cette lame de fond, de leur exprimer notre solidarité et de continuer à leur fournir les moyens pour poursuivre leur mission de protection de l’enfance défavorisée.

Tous ensemble, soyons plus que jamais en 2019 acteurs de la solidarité internationale et promoteurs du respect de la liberté d’expression partout dans le monde !

Je vous souhaite mes meilleurs vœux 2019 pour une belle année en compagnie de Partage.

Nicolas Lenssens,
Directeur Général